Chaque année, le 20 décembre, La Réunion s'arrête pour se souvenir — et pour danser. Le « 20 désanm », jour férié sur l'île, commémore l'abolition de l'esclavage, proclamée le 20 décembre 1848 devant plus de 60 000 esclaves enfin libres.
Une histoire gravée dans les montagnes
Pendant près de deux siècles, l'économie de l'île a reposé sur le travail forcé de dizaines de milliers de Malgaches et d'Africains déportés. Certains s'enfuirent vers les sommets : les marrons, dont les chefs — Anchaing, Dimitile, Cimendef — ont donné leurs noms aux montagnes qu'ils habitèrent en hommes libres. La géographie de La Réunion est un livre d'histoire à ciel ouvert.
La fête de toutes les libertés
Le 20 désanm, les kabars fleurissent dans les quartiers : le roulèr gronde, le kayamb chuinte, les voix s'élèvent en créole. On chante le maloya jusqu'au bout de la nuit, on partage le cari, on raconte aux marmay d'où l'on vient. Ce n'est pas une fête triste : c'est une fête de dignité, où la mémoire se transmet en musique.
Vivre la Fêt Kaf en visiteur
Les concerts et défilés sont ouverts à tous, dans presque toutes les communes. Venez avec respect et curiosité : on vous tendra une assiette et on vous apprendra trois pas de maloya avant la fin de la soirée.
Le conseil péi : écoutez les paroles, même sans tout comprendre. Le maloya se reçoit avec le corps et le cœur bien avant le dictionnaire.
Pour aller plus loin : le maloya, les instruments lontan, les traditions et la mémoire de l'île — retrouvez tout notre univers culture et patrimoine, ou accédez à l'ensemble de nos livres avec la Bibliothèque créole. Et si l'invisible vous intrigue, lisez notre article sur les superstitions réunionnaises.
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